Savoir maîtriser les outils

La maîtrise des outils est essentielle pour pouvoir accomplir tout travail. Que ce soit le mécanicien, le dentiste ou le chef-cuisinier, le manque de savoir faire peux entraîner des conséquences désastreuses. On n’a qu’à s’imaginer les conséquences d’un pneu mal vissé sur une voiture roulant à grande vitesse sur l’autoroute pour comprendre le risque. La chose est moins vraie pour certains métiers ou hobbys tels que la baladodiffusion. Du moins, en surface.

La courbe d’apprentissage
À moins d’avoir déjà utilisé de l’équipement audio (ou avoir un spécialiste qui vous aide) la qualité audio de votre première baladodiffusion laissera à désirer. C’est normal. Personne ne peux prendre un outil et savoir instinctivement comment s’en servir. Sinon tout le monde pourrait être dentiste, pas vrai? Il y a parfois la chance du débutant qui entre en jeu mais à moins de comprendre ce que vous faites, ça ne durera pas.

Il faut donc apprendre, mais comment. Et où? Les ressources sont là et il faut savoir en tirer parti. Que ce soit au niveau des blogs, des balados ou des formations en ligne, tout y est pour parfaire ses connaîssances en production audio. Mais il n’y a rien de tel que la pratique. S’acheter l’équipement nécéssaire et expérimenter seul peut devenir coûteux et prendre du temps. C’est pourquoi il y a des ateliers de production audio qui peuvent vous venir en aide. Vous pouvez aussi apprendre une foule de choses lors de rencontres de podcasters, mais encore plus lors d’un PodCamp. L’autre solution est de demander à quelqu’un d’expérimenté de vous aider.

Quoi acheter?
On aime les gadgets. Vous, moi, la technologie, on adore! Quand on se lance en podcasting, on veux le dernier gadget électronique. Ça fait cool et on a l’impression de s’amuser. Comme un enfant. Mais que ce soit une interface audio pour l’ordinateur ou un enregistreur portable, on est plus porté à dépenser nos dollars vers le numérique. Mais tous ces bidules n’ont qu’une seule fonction primaire: convertir un signal audio en données numériques et si le signal audio est mauvais, il le sera tout autant un coup converti en octets.

Il faut mettre la majeure partie de son argent dans l’analogique. C’est la clé de la qualité audio. Beaucoup de gens ne veulent pas mettre 150$ sur un micro mais ils sont prêts à dépenser 400$ sur un enregistreur numérique. Mais si on a un micro à 25$, l’enregistreur numérique produira un son à 25$ malgré les 400$ dépensés. Il faut donc mettre le plus de dollars possible dans la source et réduire son investissement à chaque étape jusqu’au fichier numérique.

Les deux pièces maîtresses sont le micro et le pré-amplificateur. Beaucoup de gens ne considèrent pas d’acheter un pré-amplificateur. Mais lorsque l’on possède déjà un micro et un ordinateur, vaut mieux s’acheter un mixer à 50$ qui a un pré-amplificateur intégré qu’une carte de capture audio à 200$. Encore une fois, le gain que donnera un pré-ampli à votre micro ajoutera à la qualité de votre son mais non le convertisseur numérique de la carte de son.

Dans la cour des grands
Contrairement à la dentisterie où tout est contrôlé, la baladodiffusion est libre et tout le monde peux s’y mettre. C’est ce qui en fait sa force, mais aussi sa faiblesse. On découvre des talents naturels mais il y a aussi des gens qui en font depuis longtemps sans jamais s’améliorer. Il n’y a pas de filtre, pas d’entrevue à passer, on enregistre et on met en ligne. Heureusement qu’il y a les boutons “subscribe” et unsubscribe”.

Avec un peu de talent et beaucoup de savoir-faire, on peux se mesurer au professionnels. Du moins, se le faire croire. Car sur le Web, tous les gens qui ont quelque chose à offrir sont égaux. Y compris les entreprises. Et autant il peux y avoir des bijoux produits de façon indépendante, autant il peux y avoir des «flops» produits par des entreprises. Car si les podcasters-en-devenir se gênent pour demander de l’aide, les entreprises le font aussi. Parfois parce qu’elles croient savoir ce qu’elles font, parfois par méconnaissance du médium. Mais si l’auditeur pardonne certaines erreurs au producteur de contenu indépendant, il est beaucoup plus critique envers les entreprises qui s’y frottent.

Le podcasting est un médium ou les émissions naissent et meurent à grande vitesse, où l’on se désabonne plus vite que passent les motos sur une autoroute en été. Et comme en moto, si l’on rate la courbe, on a jamais l’occasion de se reprendre. Car contrairement à la radio traditionnelle, Il y a aucune chance que les auditeurs que l’on a perdu tombent une deuxième fois sur notre podcast par hasard et lui donne une nouvelle chance.

Vous pouvez contacter Sylvain Grand’Maison par courriel à sylvain@fono.ca.

Photo par Natasha Wheatland.


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