Une vente en ligne de plus qui ira aux États-Unis

Bon, ça n’a absolument rien de scientifique, je l’avoue. Mais c’est parfois dans les petites histoires que l’on dénote de grosses tendances. Comme pour le fait que plusieurs dollars dépensés pour des achats en ligne s’en vont de l’autre côté de la frontière et ça, ce n’est pas moi qui l’invente.

La problématique
J’étais hier dans ce qu’on appelle le quartier latin de Montréal, soit St-Denis près du boulevard de Maisonneuve. C’est alors que j’ai réalisé que j’étais pas trop loin d’un magasin Mac, soit la CO-OP universitaire de l’UQÀM sur la rue Sainte-Catherine. Ça tombait bien, j’avais une demi-heure de temps à tuer et quelques trucs à acheter dont un câble FireWire. Depuis que j’ai mon nouveau MacBook Pro, je ne peux plus brancher ma caméra DV à mon ordinateur puisque les nouveaux modèles n’ont plus de port FireWire 400 Mbs mais seulement un port 800 Mbs. C’est excellent pour le gain de vitesse, un peu moins bon quand tout l’équipement qu’on possède n’a que des connecteurs 400. Et contrairement à la norme USB, la forme des deux connecteurs FireWire est très différente. J’avais donc besoin d’un fil qui convertit de 400 à 800 ET qui a un embout mini à quatre broches, celui qui équippait toutes les caméras DV jusqu’à récemment. Bref un problème que doit surmonter plusieurs propriétaires de nouveaux Macs. Et tant qu’à être sur place, pourquoi ne pas s’acheter le combo de logiciels iLife-iWork ’09; j’allais me le procurer de toute façon.

L’expérience-consommateur
J’entre dans le magasin. Là, ce n’est pas du nouveau. Le service a toujours été très très “ordinaire” (et le mot est faible). J’achète à cette boutique depuis l’époque où j’étais étudiant à l’UQÀM il y a maintenant près de 15 ans et les vendeurs n’ont jamais connu quoi que ce soit sur la marchandise qu’ils vendent. Il ne faut pas leur en vouloir; les employés changent au gré des semestres de l’université. Le seul qui connait un peu ce qu’il vend c’est le petit marabout grisonnant qui semble travailler là depuis que le Mac a été lancé en 1984 mais à qui on a autant envie de parler que de subir un double traitement de canal. J’inspecte les câbles (qui se vendent 2 fois le prix, comme ailleurs) et il ne semble pas y avoir ce que j’ai besoin sur les tablettes. J’inspecte la vitrine et il semble qu’ils aient seulement iLife, pas iWork. Mais ça ne coûte rien de demander… en autant que l’on puisse le demander.

Une mésentente entre les vendeurs suivi d’un problème de caisse et d’un vendeur qui sert une cliente avant moi (mais qui est arrivée à la boutique après moi) fait en sorte que je demeure sans réponse après 10 minutes. Personne ne me fait signe, personne ne me demande de patienter. Il y a 4 vendeurs sur le plancher, nous sommes 3 clients dont un qui semblait déjà en train de payer à mon arrivée. Après un certain temps, je signale mon impatience au comptoir et au lieu de me dire de patienter, le vendeur me fait un signe de la main pour dire de me calmer. J’attends encore un peu, je fulmine! Je sors après environ 20 minutes, non sans laisser échapper quelques jurons.

L’expérience en-ligne
Des situations malheureuses peuvent seproduire et je leur donne le bénéfice du doute en me pointant sur leur site web. Ils en ont un et bonne nouvelle, il est transactionnel. C’est au moins ça de pris. Mais le site est laid. Plutôt ironique pour la coopérative étudiante d’une université où l’on trouve un des meilleurs programmes de design graphique en amérique. La navigation est boiteuse et les produits ne sont pas tous répertoriés. Ils offrent par contre les logiciels désirés (que je peux trouver aisément sur le site d’Apple au même prix) mais aucun câble. De plus, il n’y a aucun moyen de connaître les modalités d’envoi ni les modes de paiements et les cartes acceptées à moins de se créer un compte; aucune vente simplifiée. Plusieurs exemples de choses à ne pas faire pour faciliter la transaction peuvent être observées ici.

La solution?
Puisque je n’ai pas trouvé le modèle dont j’avais besoin à une boutique en-ligne canadienne, le câble FireWire a été commandé via eBay à moins de la moitié du prix demandé à la CO-OP (et livré à la maison S.V.P.). Les logiciels seront commandés directement à la boutique Apple en ligne. Malgré que je fasses mes achats via la boutique Apple canadienne, je ne considère pas ces achats comme étant faits au Canada puisqu’ils profitent entièrement à une entreprise américaine.

Et c’est un scénario qui ne cesse de se répéter. Mis à part mes deux ordinateurs, j’ai probablement acheté pour plus de 4000$ sur le net depuis 3 ans et la grande majorité de ces dollars ont été dépensés du côté de chez l’oncle Sam… ou en Ontario. Les raisons sont diverses, ça va de l’absence de magasin en ligne pour certains, du fait que des détaillants n’inscrivent pas le prix de certains items (on demande d’appeler pour obtenir le prix), d’une expérience d’achat où l’on se décourage avant la fin du processus ou simplement de certaines boutiques qui vendent un item plus de 3 fois le prix observé sur les sites américains.

Comme quoi, même avec la meilleure intention d’acheter ici, on croirait que certains détaillants font tout en leur possible pour que l’on aille acheter ailleurs… et c’est ce que l’on fait.

Photographie par: Nick Humphries


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