Charette’s List

Vous en avez tous entendu parlé, vous avez tous eu une opinion sur le sujet. Je parle ici de la liste des 10 personnalités du web québécois telle que dressée par Bruno Guglielminetti, Dominic Arpin et Michelle Blanc sur l’émission de Christiane Charette. Vous avez été content d’en faire partie, surpris de ne pas y être, vous l’avez peut-être approuvée… ou désapprouvée. Vous avez peut-être même été jusqu’à décrier le processus lui-même, en le comparant à la notation scolaire et à l’esprit de compétitivité qui en résulte. Mais vous avez peut-être aussi passé à côté de la cible.

Le web du web
Il n’y a pas pire qu’un spécialiste pour critiquer les choix d’un autre spécialiste. Comme pour bien des choix dans la vie, malgré certaines évidences, les choix sont par définition personnels et par le fait même, subjectifs. On dit que les goûts ne se discutent pas, alors quel est l’intérêt de discuter des choix personnels d’une autre personne. Surtout lorsqu’il s’agit du web. Car le web est vaste et chacun y cherche des choses différentes. Et notre connaissance du web est influencée par ce que l’on consomme. Donc nos choix personnels en seront tout autant influencés.

Le grand concensus
Chacun des trois protagonistes a donc fait sa liste personnelle de 25 personnes qu’ils ont mises en commun pour produire cette liste consensuelle écourtée de 10 noms. Est-ce une liste parfaite? Non. Est-ce une liste représentative? intéressante? utile? Oui. À tout le moins, l’exercice a permis de faire ressortir deux choses: que le web québécois est extrèmement dynamique et que les acteurs ont une grande connaissance de ce qui s’y passe. Ce qui m’a personnellement surpris c’est le nombre de gens sur cette liste qui sont voués à la création de contenu original, ce qui ne fait qu’amplifier cette perception de créativité que l’on a des gens d’ici.

Par ailleurs, la possibilité de parcourir les listes individuelles de Michelle, Bruno et certains choix de Dominic nous permettent de compléter le portrait et de faire quelques découvertes, même pour les connaisseurs. Et puis comme le web est vivant, cette initiative a aussi poussé des gens comme Claude Malaison et Philippe Martin à produire leur liste personnelle, lesquelles amènent parfois à d’autres petites découvertes. L’addition des points de vue amène à la multiplication des idées. C’est ce qui fait la beauté du web après tout.

Jouer le jeu
Il ne faut pas perdre de vue le contexte et la finalité de l’exercice. L’émission de Christiane Charette en est une très écoutée, grand public, où l’on s’amuse beaucoup avec l’information. Le but de l’émission est souvent de partager de l’information ou d’allumer les auditeurs sur des sujets auxquels ils ne sont pas nécéssairement initiés. Et c’est là où réside le problème dans la petite polémique qu’à suscité l’exercice: les auditeurs ne sont pas des initiés. Ils ne cherchent pas à critiquer les choix mais à découvrir de nouvelles personnes, de nouveaux sites, de nouvelles ressources. En ce sens, cette liste remplit pleinement sa mission.

Et puis il faut relativiser; cette liste ne signe pas l’arrêt de mort des absents, ni ne garantit la gloire instantanée de ceux qui s’y retrouvent, mais elle aide à tout le moins à élargir la vision du web du public en général. As-t-on créé artificiellement une tempète dans un verre d’eau avec cette histoire de liste? Je dirais plutôt un tsunami dans un dé à coudre.


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