L’application pour iPhone et l’offre de baladodiffusion de la radio de Radio-Canada

Ça fait déjà quelques semaines qu’il a été lancé sans tambour ni trompettes. Moi qui visite de temps à autres le site de notre radiodiffuseur public, je n’avais même pas remarqué qu’ils avaient lancé leur propre application iPhone. Je n’ai pas vu passé de message à cet effet sur FaceBook, Twitter, FriendFeed et autre plateforme de médias sociaux. Faut dire que j’étais en vacances et sans accès web lors du lancement (le 20 juin, selon l’iTunes store) et que la nouvelle a une durée de vie de plus en plus limitée sur le web. Si Radio-Canada a dans ce cas-ci un talent pour lancer des solutions de diffusion de leur contenu, ont-ils le même talent pour les promouvoir?

Rejoindre sa cible
Comme plusieurs, je prêche pour que le contenu puisse se rende à l’utilisateur, et non que l’utilisateur doive se rendre au contenu. On est trop souvent prisonnier de l’écran et d’une connexion à l’internet et comme je l’ai déjà dit dans une conférence, un ordinateur avec une connexion web se transporte bien mal dans le métro. C’est ce qui fait parfois défaut chez les diffuseurs de contenu: ils veulent rendre ce contenu disponible sur des plateformes électroniques mais elles sont parfois mal adaptées à l’utilisateur. On se retrouve prisonnier de l’écran principal d’une page web pour consommer du contenu, ou d’un lecteur trop encombrant pour pouvoir le mettre dans un coin de page et pouvoir faire autre chose en même temps

La portabilité
Depuis la venue de la baladodiffusion, il n’y a plus de raisons pour que le contenu ne soit pas disponible où et quand l’on veux. Mais la mécanique de téléchargement des fichiers propre à la baladodiffusion fait ressortir des problématiques légales: on peux disposer du fichier à sa guise. C’est pourquoi le matériel avec droits d’auteurs est retiré des émissions radiophoniques lors du transfert vers la balado (les chansons qui sont diffusées sur l’émission de Christiane Charrette par exemple) et que le matériel produit par des compagnies indépendantes pour le compte de Radio-Canada est absent (les téléromans par exemple). Malgré qu’ils détiennent les droits sur plusieurs émissions autoproduites (et par le fait même, NOUS détenons collectivement les droits), certaines émissions sont absentes du catalogue de balado de Radio-Canada. Mais je dois avouer qu’ils en ont ajoûté plusieurs récemment, à notre grand plaisir!

Une autre problématique est que l’on est de moins en moins devant le téléviseur et près d’une radio, et de plus en plus connectés au Web de toutes sortes de façons. D’où la nécéssité d’utiliser ces sources pour rejoindre les auditeurs. Sans être un auditeur de Corus (j’ai seulement écouté un match du Canadien de Montréal durant les éliminatoires sur l’iPhone), j’ai applaudi lorsqu’ils ont lancé leur application ce printemps. En plus d’être portable sur une des plateformes émergeantes les plus populaires, ça règle le problème du droit d’autreur car le contenu est diffusé en temps réel par “streaming”, comme à la radio traditionnelle. Étant auditeur de la première chaîne, j’ai suggéré à Bruno Guglielminetti que Radio-Canada devrait faire de même. Plusieurs autres ont aussi proposé l’idée à notre radiodiffuseur public.  Est-ce que ça a eu une influence quelconque? Je ne sais pas à quel point les commentaires des utilisateurs est pris en considération mais j’espère que ça a pu aider à convaincre les bonzes de la grande tour à regarder du côté de l’iPhone.

Ça marche?
L’application elle-même est très conviviale. On choisit entre La première chaîne, Espace Musique, Bande à part et Radio-Canada international. Pour la première Chaîne, on a même un second choix pour toutes les antennes francophones “coast-to-coast”. Seules les radios de la Nouvelle-Écosse et de Sudbury ne sont pas disponibles pour l’instant. L’application fonctionne aussi bien en mode 3G que par WiFi et la qualité de l’audio est pas mal. Pas aussi bonne que sur une radio fixe, mais sûrement plus stable que sur une radio portable, les parasites audio en moins. Cependant, il m’est arrivé à deux occasions que l’audio ne fonctionne pas, même en essayant de syntoniser chacune des chaînes. Est-ce que le “stream” lui-même était momentanément indisponible? D’autres utilisateurs ont laissé ce même commentaire sur le magasin iTunes. Nos voisins anglophones ont aussi commenté en demandant à ce que les chaînes de la CBC soient aussi disponibles. Radio-Canada serait-elle en avance sur sa petite soeur anglophone? On ne peux que les en féliciter!

Prochaine étape?
On espère tous que Radio-Canada nous offrira non seulement davantage de contenu en baladodiffusion, mais aussi plus de contenu portable en général. Et s’ils sont inquiets pour les modèles de revenus, ils n’ont qu’à regarder du côté de la CBC qui vends ses séries télé pour quelques dollars sur iTunes: même minime, personne à la CBC ne doit cracher sur le revenu d’appoint qu’apporte le “Rick Mercer Report” et “Little Mosque On The Prairie” sur le magasin iTunes. Lorsque les modèles d’affaires sont là, il ne reste qu’à se demander pourquoi ne pas en tirer profit.


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