Rapport de surveillance des communications du CRTC: le podcasting en hausse au Canada

Le podcasting gagne des auditeurs à chaque jour dans le monde. Ce n’est pas une grande découverte. Sauf que la plupart des études auxquelles on a accès proviennent des États-Unis et mesurent les données de ce pays. L’étude d’eMarketer en est un bon exemple. En publiant son rapport de surveillance des communications (disponible ici en PDF) le CRTC couvre un chapitre sur les nouveaux médias. Oui, les données sur la baladodiffusion sont sommaires, mais très précieuses.

La vidéo
On y apprends que les canadiens regardent de plus en plus de vidéos en ligne. On y apprends aussi que l’usage de la vidéo sur des plateformes mobiles stagne un peu, que la consommation d’émissions télévisuelles sur internet augmente toujours mais que les vidéos produits par des indépendants sont plus consommés que les émissions télévisuelles.

L’audio
L’écoute de la radio traditionnelle (par onde hertziennes) est en stagnation, mais demeure forte à 90% d’écoute dans les dernier mois. L’écoute de la radio en continu sur internet (streaming) est en perte de vitesse en général (environ 15% en ont écouté dans le dernier mois), même si elle a augmenté légèrement chez les francophones. Le recours à un lecteur MP3 augmente toujours (environ 35% des gens en ont un) tandis que la radio satellite gagne du terrain petit à petit (moins de 10%). Là où le bât blesse, c’est que le téléchargement de musique diminue, tant chez les francophones que les anglophones. La moyenne nationale se situerait autour de 13%. L’étude ne précise pas dans quelle proportion ces téléchargements sont légaux, ni si les téléchargements légaux augmentent.

Le podcasting
Ce qui étonne, c’est le taux d’écoute de la baladodiffusion au Canada. La consommation de balado augmente dans le monde et les Américains en sont friands (11% d’entre eux en écoutent en 2009 selon eMarketer). Mais selon le CRTC, les Canadiens le seraient beaucoup plus. 19% des Canadiens-Anglais consommaient de la baladodiffusion en 2008, soit 2 fois plus que les Américains (9% en 2008). Avec 7% des francophones qui écoutent des balados en 2008, on peux dire que l’on fait bonne figure avec seulement 2% de moins que les Américains. Et même si le pourcentage d’adeptes francophones du podcasting est moins grand que pour les anglophones, le temps d’écoute hebdomadaire des francophones est supérieur (2.5 heures versus 2.2 heures pour les anglophones).

Autre bonne nouvelle, le taux de croissance de la la baladodiffusion est de plus de 40% chez la population Canadienne en général. En comparaison, le taux de croissance chez les américains s’établit autour de 22%. Chez les anglophones, cette augmentation a été de 46% entre 2007 et 2008 et de 170% depuis 2005. Phénoménal.

Et les indépendants?
L’écoute de la radio traditionnelle par le biais du podcasting semble stagner et partout au pays. Par contre l’écoute de balados provenant d’autres sources que la radio (producteurs indépendants, écoles, entreprises) augmente sans cesse et prends le pas sur la radio. Même que plus du 2 tiers de la balado consommée provient de sources autres que la radio.

On peux facilement conclure que les Canadiens sont champions de la consommation de baladodiffusion. On peux aussi conclure qu’ils consomment beaucoup de balados non-radiophoniques. Ce qui est une bonne nouvelle tant pour les producteurs de contenu indépendant que pour les organisations car on se retrouve devant un public grandissant et qui recherche du contenu de qualité.

Sauter dans l’arène
Est-ce que ça veux dire que tous bénéficieront de produire de la balado? Avant de se lancer à corps perdu dans l’aventure, il faut procéder à une étude pour s’assurer que notre public-cible soit sur le web et qu’il consomme ce type de médias, en faisant une analyse croisée sur différentes plateformes. Il faut aussi s’assurer d’être en mesure de produire du contenu à valeur ajoutée de façon régulière. Mais à voir le profil des consommateurs de podcasts, c’est une avenue qui mérite d’être étudiée pour qui veux faire augmenter sa notoriété sur internet.


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