Le grand Steve

Mon clin d’oeil à Steve Jobs avec une référence au “Happy Mac.

J’ai eu mon premier contact avec les ordinateurs Mac il y a maintenant 20 ans. J’arrivais au Cégep et tout ce que j’avais connu jusqu’à présent était les Commodore (Vic20 et 64), le TRS-80 de Radio-Shack et vers la fin du secondaire, des PC tournant sous DOS. Le Mac était une révélation pour le jeune étudiant en graphisme que je voulais devenir! L’interface graphique nous permettait enfin de “voir” où se trouvaient nos document et effectuer toutes sortes d’opérations de manière conviviale. J’étais content!

Mes premières armes en typographie ont été faites sur des Mac II. Les contours des caractères étaient enfin nets et on pouvait imprimer le résultat sur une imprimante laser. Magie! Je me suis procuré mon premier Mac en 1993. Pour environ 3500$, j’ai mis la main sur un Centris 610 vendu comme étant cadencé à 40 Mhz. 4 Mo de Ram, 120 de disque dur, un lecteur de disquettes et un écran qui affichait 256 couleurs en 640 X 480 pixels, j’étais à peine équipé pour pouvoir faire tourner Photoshop 2. Sans layers évidemment. Mais c’était MON Mac! (Pour les Geeks, le Centris 610 était un faux 40 Mhz, soit un 20 Mhz avec un clock modifié. Oui, ça tournait plus vite qu’un 20 Mhz normal mais jamais aussi vite qu’un vrai 40 Mhz)

Avec les années se sont succédés les appareils: de l’iMac G3 aux MacBook Pro, en passant par le PowerMac G4, j’ai goûté à presque tous les modèles qu’ont fabriqué Apple soit en les achetant moi-même ou en travaillant pour des agences. Ce n’est pas seulement que j’aime le Mac: c’est le seul ordinateur qui fasse la job de façon efficace dans mon secteur d’activités. Point.

Le décès de Steve Jobs m’a fait me remémorer tous ces produits, ces innovations, l’effet qu’ont eu ces produits dans ma vie et dans mon travail au fil du temps, mais aussi tout le travail qu’a abattu cet homme dans sa vie avec Apple, NeXT et Pixar. J’ai en mémoire tout plein d’anecdotes que j’ai lues ou visionnées au cours des années à propos de Steve, comme ce type qui marchait sur le trottoir à New York et qui s’est fait rentrer dedans par Steve. Évidemment, Steve a continué son chemin sans jamais regarder derrière lui ni s’excuser, ce qui en dit beaucoup sur le caractère du bonhomme. Une autre anecdote concerne le fait qu’il a étudié la typographie durant son court séjour au Collège. Il a dit lui-même que ça a forgé sa sensibilité face à tout ce qui est beau. On l’en remerciera d’avoir toujours porté un soin à la typographie sur les Macs (on ne peut en dire autant de Windows). Je me souviens aussi qu’il a travaillé avec Paul Rand, un des plus grands designers graphiques du 20ième siècle, pour la création du Logo de NeXT. Travailler avec Paul Rand était une sorte de fantasme pour Steve. Paul Rand, tout comme Steve, avait une vision, un pouvoir de persuasion incroyable et un ego gros comme le monde. Steve a déjà dit que ce fut une des rencontres les plus marquantes de sa vie. Tellement heureux du résultat (et des qualités de présentateur de Rand), Jobs aurait conclu en lui disant: “Can I hug you?”

L’ami Jean-François Ferland de Direction Informatique m’a demandé de pondre quelques phrases à propos de Steve Jobs (merci de l’invitation). Évidemment, chacun voit son décès avec son propre filtre et le mien est celui du design et de la créativité. Voici ce que j’ai envoyé à Jean-François:

On se souviendra de Steve Jobs comme un visionnaire, mais son succès ne saurait s’expliquer sans sa créativité et sa sensibilité artistique. Steve Jobs a suivi un cours de typographie lors de son court séjour au collège et c’est ce qui l’a allumé par rapport à tout ce qui concerne le design. Le Mac a non seulement été le premier ordinateur personnel grand public avec une interface graphique ergonomique et orientée sur l’expérience-utilisateur; cet ordinateur était beau! Ce qui est encore vrai pour tous les produits Apple aujourd’hui.

Les designers, architectes, cinéastes et artistes ont vite reconnu ces qualités chez le Mac et l’ont adopté pour créer à leur tour. Certains louangeront l’apport de Steve Jobs à l’informatique, à la mise en marché de produits, d’autres ont apprécié son flair pour les affaires ou même ses habitudes de micro-gestionnaire maladif qui l’amenaient à produire des produits presque parfaits. Pour moi, ça a toujours été son désir de créer ce qui n’existe pas qui me fascinait. Car sans toutes ses idées remarquables, il n’aurait pas pu y avoir les films d’animation magiques que fabriquent Pixar, il n’y aurait pas eu non plus les produits fabuleux que sont l’iPod, l’iPhone et l’iPad, l’industrie de la distribution de musique, de livres et de films n’aurait pas pu se transformer et surtout, il n’y aurait pas eu ces ordinateurs fantastiques que sont les Macs… et qui permettent à des milliers de gens de créer, à leur tour, ce qui n’existe pas.

Merci Steve.

Sylvain Grand’Maison


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